Charles Ponzi, celui qui « découvrit l’argent ».

L’escroquerie dans le milieu de la finance n’est pas l’apanage du 21e siècle. Même lors des époques précédentes, des esprits ont marqué leur passage dans cet univers très controversé. L’exemple de Charles Ponzi fait encore date, puisque son stratagème est devenu un cas d’école. Il est à ce titre l’un des plus « illustres » banksters que le monde ait connu. Bernard Madoff, auteur d’un gros scandale financier en 2008, a avoué, lorsque la police de New York l’a arrêté, avoir fait usage du système de Ponzi pour détourner des millions de dollars.

Les débuts d’un escroc

De son vrai non Carlo Pietro Giovanni Guglielmo Tebaldo Ponzi, Charles Ponzi est originaire de Parme. Né à Lugo dans la province de Ravenne en Italie, le 3 mars 1882, il décède en janvier 1949 au Brésil.

Ce n’est qu’après qu’il s’expatrie pour les Etats-Unis en 1903, il est alors âgé de 21 ans. A son arrivée dans ce pays, il n’a que 2,50$ dans sa poche parce qu’il a misé le reste de ses économies pendant la traversée de la mer. Il avouera quelques années plus tard : « J’avais en tout et pour tout deux dollars et demi en poche, mais un million de dollars d’espoir dans le cœur. Cet espoir ne m’a jamais quitté ».

La Banca Zarossi

En 1907, il fait irruption au Canada et travaille d’abord comme garçon dans un restaurant, avant d’être mis à la porte pour vol. Bien informé, Ponzi apprend que son compatriote Luigi Zarossi installé à Montréal non seulement a fait fortune dans la vente des cigares mais aussi possède une compagnie financière (Banca Zarosi) qui fonde son activité sur l’encaissement des économies des immigrants italiens. Pour booster son marketing, Zarossi propose d’offrir aux épargnants 6% d’intérêt, tandis que les autres banques proposent 2%. C’est comme caissier, que Ponzi intègre cette structure. Il ne tarde pas à comprendre que son patron serait incapable de donner un taux élevé s’il ne puise dans les dépôts des nouveaux épargnants. Si les déposants réclament leur argent, la banque fera faillite.

En 1908, Zarossi s’enfuit vers le Mexique avec la caisse, abandonnant femme et enfants au Canada. Etant resté sans argent, Ponzi s’introduit chez un ancien client Damien Fournier et se signe un chèque de 423,58 $ en falsifiant sa signature. Il est emprisonné pour ce forfait. Il est relaxé quelques mois plus tard mais une fois de plus embastillé pour avoir fait entrer illégalement des italiens sur le sol américain. C’est à Atlanta qu’il passera deux ans de prison.

Un bankster à la Securities and Exchange Company

C’est en 1920 que ce bankster frappe un grand coup qui signe son entrée dans l’histoire. Il met sur pied le système de Ponzi qui consiste à proposer aux investisseurs un intérêt de 50% en 45 jours et 100% en 90 jours. Il pense tirer ses profits d’une spéculation sur les coupons-réponses internationaux. La mascarade éclate la même année et 40 000 personnes ont perdu 15 millions de dollars.

A partir du 12 août 1920, Ponzi va de procès en procès. D’abord condamné à 5 ans de prison, il en ressort 3 ans et demi après et est à nouveau derrière les barreaux pour 9 ans au Massachussets. Il purge sa peine, sort et est à nouveau condamné en Floride pour arnaque en 1926. Il est libéré en 1934 et expulsé en Italie mais il s’enfuit vers le Brésil où il meurt dans l’indigence, après avoir floué Benito Mussolini.

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